
Microsoft a récemment annoncé une évolution majeure pour les équipes IT et cybersécurité : Sysmon, l’un des outils essentiels de la suite Sysinternals, arrive nativement dans Windows.
Cette intégration sera disponible dans les prochaines versions de Windows 11 et Windows Server, et représente un tournant important pour la visibilité des systèmes et la détection avancée des menaces.
Chez DYB, nous accompagnons des PME, ETI et collectivités dans la sécurisation de leurs environnements. Ce changement a donc un impact direct sur les recommandations et les bonnes pratiques que nous déployons chez nos clients.
🔍 Rappel : à quoi sert Sysmon ?
Sysmon (System Monitor) est un outil créé par Mark Russinovich, conçu pour fournir une visibilité extrêmement fine des activités d’un système Windows. Il est massivement utilisé par :
- les analystes SOC,
- les équipes d’investigation et de threat hunting,
- les consultants sécurité,
- et toutes les entreprises souhaitant surveiller les comportements anormaux de leurs postes.
Concrètement, Sysmon permet d’enregistrer des événements très détaillés :
✔ création de processus,
✔ connexions réseau,
✔ chargement de DLL,
✔ modifications du registre,
✔ accès à la mémoire d’autres processus,
✔ et bien plus encore.
Ces logs riches sont ensuite envoyés vers un SIEM (Elastic, Splunk, Sentinel…), ou analysés localement.
Sans Sysmon, les journaux Windows classiques ne suffisent pas pour détecter des techniques avancées comme :
- le mouvement latéral,
- l’exécution de code en mémoire,
- le vol d’identifiants,
- les exécutions douteuses initiées par des scripts ou des macros.
Autrement dit : Sysmon est un indispensable pour toute entreprise qui veut une cybersécurité moderne et proactive.
⭐ Pourquoi l’arrivée de Sysmon “natif” dans Windows est une très bonne nouvelle
Jusqu’ici, Sysmon devait être téléchargé, déployé, configuré et mis à jour manuellement.
Pour les entreprises qui ont 20, 200 ou 2 000 postes, cela représentait :
- un travail supplémentaire pour les équipes IT,
- une difficulté de maintenir un parc homogène,
- un risque d’oublier des mises à jour,
- et un manque de monitoring sur certains postes.
Avec l’intégration native, cela change complètement la donne :
✔ Déploiement simplifié
Sysmon pourra être activé directement via les fonctionnalités Windows, comme un composant standard.
→ Plus besoin d’installer des exécutables ou de gérer leur version.
✔ Mises à jour via Windows Update
La maintenance devient automatique, ce qui réduit le risque de défaillance et améliore l’accès aux nouvelles fonctionnalités.
✔ Intégration plus propre dans les journaux Windows
Les logs Sysmon seront accessibles dans les journaux Windows sous un canal dédié.
→ Intégration facilitée avec les SIEM et les outils EDR.
✔ Une meilleure cohérence pour tous les environnements Windows
Pour les entreprises multisites, franchisées ou équipées de nombreuses machines hétérogènes, cela représente un gain en qualité de monitoring.
⚠️ Mais attention : “natif” ne veut pas dire “activé par défaut”
Il faut toutefois clarifier un point essentiel :
Microsoft utilise le terme “natif”… mais Sysmon ne sera pas activé automatiquement.
En réalité :
- Sysmon sera intégré au système d’exploitation,
- mais il faudra surement l’activer manuellement
- puis lui fournir un fichier de configuration,
- et surtout le gérer comme un composant avancé de sécurité.
Autrement dit :
👉 Un administrateur devra toujours définir ce que Sysmon doit surveiller et comment.
👉 Les configurations existantes devront être adaptées.
👉 Les entreprises devront intégrer ce changement dans leurs politiques de supervision.
Cela signifie que l’appellation “native” peut prêter à confusion :
ce n’est pas un outil activé automatiquement comme un antivirus.
C’est une brique disponible, mais qui doit être configurée avec précision — sinon elle ne sert à rien.
🧭 Ce que DYB recommande à ses clients
Nous accompagnons déjà plusieurs entreprises dans l’adoption de Sysmon. Voici nos bonnes pratiques face à cette évolution :
1. Anticiper la transition vers la version native
Faire un inventaire des machines utilisant Sysmon manuellement, identifier les overlaps et prévoir une migration progressive.
2. Conserver ou adapter vos configurations existantes
Les fichiers XML (SwiftOnSecurity, Olaf Hartong…) restent pertinents.
Mais certaines sources d’événements pourront changer.
3. Tester avant d’activer globalement
Comme toute brique de monitoring, Sysmon peut générer énormément de logs.
→ Un test sur un environnement pilote est indispensable.
4. Vérifier l’intégration avec vos outils SIEM/EDR
Les nouveaux chemins d’events devront être adaptés dans les connecteurs.
5. Surveiller les prochaines annonces Microsoft
Le déploiement se fera progressivement dans les versions Windows à venir.
🎯 Conclusion : une évolution stratégique pour la cybersécurité Windows
L’arrivée de Sysmon en tant que fonctionnalité native est un signal très fort :
Microsoft pousse les entreprises vers un modèle où la visibilité système devient un standard, et non plus une option.
Mais il faut rester lucide :
👉 L’outil devient plus simple à déployer,
👉 mais pas plus simple à configurer.
Avec un bon accompagnement, Sysmon peut transformer la posture de sécurité d’une entreprise.
Sans expertise, il peut au contraire devenir une source de bruit ou de faux négatifs.
Chez DYB, nous intégrons déjà cette évolution dans nos stratégies de sécurisation Windows, de supervision et de réponse à incident.
